De la Ferté à Nanteuil , 19 km de nature verdoyante et crachin breton dans le 77

De la Ferté à Nanteuil , 19 km de nature verdoyante et crachin breton dans le 77

29 juin 2021 0 Par Richard Kirsch

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Depuis le temps que l’on s’y attendait, il fallait bien que la pluie s’invite à la rando du dimanche d’Amigo Rando . Et puis autant varier les plaisirs, s’habituer à toutes les conditions, comme le dicton qui nous est cher : la pluie n’arrête pas le pèlerin ! Avec cette météo maussade, une fin d’élections régionales programmée ce jour-là, une petite distance de 19 km , je peinais à réunir une poignée de marcheurs motivés et les invitais en plus à 8h35 à la Gare de l’Est pour prendre un train en direction de Château-Thierry. J’avais choisi pour l’occasion le parcours proposé dans le Topoguide de la FFRP  » Découvrir la Seine-et-Marne de Gare à gare » , un bel itinéraire partant de la gare de La Ferté-sous-Jouarre jusqu’à celle de Nanteuil-Sâacy, autrement dit la province pour le parigot moyen qui franchit le périph.

Un parcours de 19 km sur les hauteurs des boucles de la Marne.
Des fermes restaurées comme en plein campagne

Ajoutons des villages aux noms teintés d’exotisme, autant de promesses d’une authentique aventure et d’un dépaysement assuré ! Quoi de plus simple que de suivre un GR pour guider une randonnée , comme le GR14 A, un des itinéraires transversaux qui rejoint tôt ou tard l’incontournable GR1 faisant le tour complet de l’île-de-France. A part Anne-Marie qui s’affranchit des prévisions météo, tous s’attendaient à devoir assurer l’étanchéité corporelle et matérielle dès la descente du train à La Ferté. Marie-Françoise n’avait pas renoncé à une tenue estivale notamment un pantalon .. blanc , un t-shirt marin rayé assorti à une écharpe bleue rayée également , le tout sous un parapluie transparent à pois. L’ensemble faisait plus penser à une starlette ayant perdu le chemin de son yacht-club qu’à une randonneuse passant la journée sur les chemins boueux du 7-7. Voilà coté casting. Côté accessoires, je profitais également de ce crachin annoncé pour tester mon parapluie Zpack, argent, ultra light alors que Geneviève arborait son modèle fétiche, un combiné double-couches aérées aux motifs printaniers, poignée ergonomique et dont le prix spécial promo ne dépassa pas les 20 euros !! Assez parler chiffon et look, passons aux choses sérieuses. Après deux bonnes heures de marche sur les jolis coteaux boisés, le temps fut venu de penser, à midi tapante, au plus important : le pique-nique.

Les dernières pluies et les engins forestiers rendent souvent les sentiers de randonée impraticables.
Arrivée humide à Chamigny. Objectif :
trouver un endroit de pique-nique abrité !

Malgré une saturation hygrométrique inquiétante (traduction : ca va pas tarder à flotter), le groupe refusa de s’installer sous un arrêt de bus-librairie exigu et snoba le lavoir mitoyen peu engageant de Chamigny. Arrivé trente minutes plus tard sur les hauteurs de Saint-Aulde, je décidais que la pause se ferait sur un gazon accueillant en bord d’une petite rue peu fréquentée. Un passant peu informé aurait pu facilement nous prendre pour des fans du Tour de France en attente du peloton, un évènement d’ailleurs ici tout à fait improbable . Par bonheur personne ne vint à croiser le groupe négligemment étalé sur des plastiques alors même que Christian déboucha une bouteille de rouge au nom de La Commune. Après son Rhum intitulé Dictator, le trésorier d’Amigo Rando n’a pas finir de nous surprendre. En voyant circuler son « pinard » et traditionnel « saucifflard » à la plancha, Hélène qualifia notre oenologue marcheur de franchouillard ! Nullement vexé par cette petite insolente , il offrit sa tournée générale à l’assemblée. Au moment du dessert chacun attendait évidemment un nouveau chef-d’oeuvre concocté par Geneviève, notre déesse de la pâtisserie. Ce n’était qu’un rêve puisque la cheffe toujours SDF ne dispose plus depuis des semaines du moindre four . Je me demande combien de dimanches nous allons pouvoir tenir !? Tout juste rassasié, une nouvelle vague de crachin s’ abattit sur le groupe ; timing parfait me dis-je avec une fierté mal dissimulée. Les faibles précipitations ne firent que dégrader le GR14, déjà imbibé des pluies des jours précédents, creusé par les engins forestiers et le passage de cavaliers .

La Seine-et-Marne dans toute sa ruralité …à une heure de Paris

Bref ça patinait un max et notre moyenne de progression chuta d’un coup tant les ornières étaient gorgées d’eau. Le blanc du pantalon de notre starlette en goguette n’était plus qu’un lointain souvenir, les parapluies s’ouvraient et se refermaient par intermittence. A la sortie d’un sous-bois, Anne-Marie manquait à l’appel. Nullement perturbé par cette absence, le groupe attendit qu’elle réapparaisse. Ce qu’elle fit en déclarant avoir chuté dans une flaque sans susciter la moindre inquiétude du groupe. Devant la taille..disons modeste de l’intéressée, je lui demandais avec un humour cruel si elle avait perdu pied ! Pas de quoi altérer le moral et l’humeur de cette randonneuse traitée 100% inox. Un magnifique panorama sur la vallée de la Marne s’ouvrit devant nous, des hectares de vignes descendaient jusqu’au village, un rayon de soleil, tout aurait pu finir dans la joie et la décontraction sur les quelques kilomètres restant si Hélène n’avait soudain trébuché sur un fil de fer de tension de la vigne en s’étalant de tout son long sur le terrain détrempé. Souffrant d’un joli hématome dû au choc contre le fil, la randonneuse se releva repeinte couleur glaise. Ah quel bel élan de solidarité nous avons alors partagé !

Marie-Françoise sacrifia son restant d’eau pour nettoyer la victime et lui donna son paréo en guise d’écharpe pour soulager le bras endolori. On sortit quelques Kleenex dérisoires pour éponger la boue de la pauvrette souillée, je fouillais dans ma trousse de secours pour dénicher un Doliprane et calmer sa douleur. Puis en vrai gentleman, je portais jusqu’à la gare son sac à dos minimaliste poisseux mais idéal pour une ado en sortie de patronage. Il fallut arriver à Nanteuil pour trouver une fontaine providentielle, finir la lessive et redonner à la malheureuse une allure présentable avant de reprendre le train . Sans doute histoire de se venger, Christian fit remarquer à la prof d’histoire remise sur pied qu’un arrêt de travail en pleine vacances scolaires n’était pas très judicieux. Décidément la bienveillance entre randonneurs a des limites. Bonne humeur, joli parcours, imprévus, une bouteille de vin, un guide exemplaire.. what else pour vivre une rando « arrosée » réussie ?!

Sur les hauteurs de la Marne , les vignes et la ville de Nanteuil